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« Dès qu'un élève a confié à un membre de l'Education nationale des faits dont il affirme avoir été victime, il appartient à ce fonctionnaire d'aviser immédiatement et directement le procureur de la République, sous la forme écrite et transmise, si besoin est, par télécopie ».
 
Circulaire Allègre-Royal du 26/O8/97
Des conséquences de la circulaire Allègre-Royal
  
L’affaire de Paul Jacquin est exemplaire des dérives qui ont accompagné l’application de la circulaire Allègre-Royal du 26/O8/97 sur « les violences sexuelles dans l’Education Nationale ». Destinée à mettre fin à l’impunité qui caractérisait bien souvent les comportements pédophiles au sein de l’institution scolaire, celle-ci stipule notamment : « Dès qu'un élève a confié à un membre de l'Education nationale des faits dont il affirme avoir été victime, il appartient à ce fonctionnaire d'aviser immédiatement et directement le procureur de la République, sous la forme écrite et transmise, si besoin est, par télécopie ». En clair : tout fonctionnaire est tenu de saisir directement le procureur, dès qu’il entend la moindre allégation de pédophilie, sous peine de sanction. Résultat:  une judiciarisation mécanique du moindre soupçon qui ouvre la porte à tous les abus ( y compris aux règlements de compte, comme dans l’affaire de Paul Jacquin) et entraîne des conséquences dramatiques pour l’enfant mais aussi l’adulte.  Depuis 1997, plus de sept cents enseignants ont été accusés de pédophilie. Sur les quelque quatre cents dossiers aujourd’hui bouclés, 73% se sont conclus par un non-lieu ou une relaxe, et sept mis en cause se sont suicidés. 
 
Au moment où le procès d’Outreaux défraye la chronique, l’affaire de Paul Jacquin met au jour une série de dysfonctionnements dus notamment à la pression que subissent les institutions dans le domaine aujourd’hui très sensible (et médiatisé) de la pédophilie. De fait, un certain nombre d’irrégularités ont été commises qui ont conduit au suicide de l’instituteur :
 
-PAR L’EDUCATION NATIONALE :
A propos d’un fait qui se serait produit pendant la classe, en présence de tous les élèves, le témoignage indirect d’un seul enfant déclenche un signalement au procureur de la république par l’inspectrice de l’Education Nationale. 
A Zittersheim, aucune vérification de ce témoignage indirect n’a été effectuée avant le signalement au procureur.
De plus, ce sont des personnels de l’Education nationale qui interrogent eux-mêmes le garçon-supposé-victime à l’insu de sa mère et sans son autorisation, sans tenir compte du fait que celui-ci avait perdu son père (par pendaison) six semaines plus tôt.
 
- PAR LA GENDARMERIE :
Les gendarmes venus interpeller Paul Jacquin sous-estiment le choc qu’il va subir et ne l’accompagnent pas à l’étage. Ils commencent les auditions des supposés victimes et témoins après la mort de l’instituteur.
 
- PAR LA JUSTICE :
L’interpellation des gendarmes a lieu, alors qu’aucune enquête préliminaire n’a été ouverte ,ni aucune plainte déposée. Dans sa précipitation, la procureure ne prend pas en compte l’histoire du village, et notamment le conflit qui oppose un habitant du village, qui est à l’origine de l’affaire, et le maire.
Après la mort de Paul Jacquin, les institutions s’emploient à justifier les mesures entreprises et finissent par fabriquer un coupable…
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Chasse au pédophile : quand la rumeur tue